Pour la première fois, nous confions à une intelligence non humaine des tâches qui relevaient jusqu’ici de l’intelligence humaine. Cette évolution m’a conduit à ouvrir, dans une chronique publiée par le Journal du Net, une réflexion autour de la GRNH (Gestion des Ressources Non Humaines).
Une première réflexion née de l’usage
Le management permet de conduire une mission en organisant les ressources nécessaires à sa réalisation. Jusqu’à présent, cette question concernait presque toujours des humains lorsqu’il s’agissait de tâches intellectuelles. L’intelligence artificielle modifie désormais cette situation : elle peut analyser, rédiger, synthétiser, comparer ou proposer des solutions dans le cadre d’une mission confiée par une personne.
C’est à partir de cette évolution que j’amorce une réflexion sur la GRNH. Je ne présente pas encore un modèle abouti, mais un concept en construction qui devra être précisé, confronté aux usages et enrichi au fil du temps.
Ce que j’explore dans la chronique publiée
Dans cette chronique du Journal du Net, je pose une première question : manager une intelligence artificielle repose-t-il, au moins en partie, sur des principes comparables à ceux mobilisés lorsque l’on confie une mission à un collaborateur ?
Lorsque nous déléguons à une IA une tâche autrefois réservée à l’intelligence humaine, nous retrouvons plusieurs étapes familières : transmettre une mission, adapter les instructions à l’interlocuteur, observer leur exécution, contrôler le résultat, corriger les écarts et réorienter l’action lorsque l’objectif n’est pas atteint. Les similitudes ne signifient pas que l’IA devient humaine : elles montrent que la conduite de mission conserve un tronc commun, même lorsque la nature de la ressource change.
Le prompt n’est qu’une composante technique
Le prompting occupe une place visible dans les usages actuels de l’IA, mais il ne constitue pas le cœur de la GRNH. Il représente une composante technique de la transmission des instructions. Comme dans toute situation de management, la communication doit être adaptée à l’interlocuteur auquel la mission est confiée.
La question est donc plus large que la qualité d’une consigne. Elle concerne la manière de mobiliser une intelligence artificielle pour atteindre un objectif, de réagir aux difficultés prévues ou imprévues, de contrôler la production et d’ajuster l’organisation jusqu’à la réalisation de la mission.
Un concept appelé à s’affiner
Je pressens que la gestion des ressources humaines et la gestion des ressources non humaines pourraient s’inscrire dans un ensemble plus large, avec un socle commun lié à la conduite des missions et des spécificités propres à chaque type de ressource. Je ne cherche pas, à ce stade, à figer définitivement cette architecture.
Cette publication constitue le début d’une réflexion. Le concept de GRNH a vocation à évoluer à partir des situations concrètes, des résultats obtenus, des difficultés rencontrées et des échanges qu’il pourra susciter.
Lire ma chronique sur la GRNH dans le Journal du Net ↗
Lire ma chronique complémentaire sur l’autonomie intellectuelle ↗
Cette contribution prolonge mon travail d’entrepreneur et d’enseignant sur l’intégration de l’intelligence artificielle dans les organisations, la conduite des missions et la responsabilité humaine.
